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jeudi 9 janvier 2014

La danse de la mer de Laëtitia Devernay


Diplômée de l'Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg et de l'Ecole nationale supérieure des arts appliqués Olivier de Serres, Laëtitia Devernay a été lauréate en 2006 du concours d'illustration Teatrio's International Illustration Competition "A Fabulous Yellow" (Venise).

En 2010, elle publie son premier album, Diapason, qui a reçu les prix suivants : CJ Picture Book Award 2010, Mention Opera Prima Bologna Ragazzi Award 2011, médaille d'or 2012 par la Society of Illustrators Original Art Competition of New-York, et le prix V&A 2012 de l'Illustration.
En 2012, Be Bop ! arrive en librairie.
Du 14 janvier au 15 mars 2014, l'exposition La danse de la mer sera présentée au Square des artistes.



Comment est née l’idée de cette exposition ?
C’est Joanna Peiron, la galeriste du Square des artistes qui m’a contacté en m’expliquant que sa galerie s’adressait à un public enfant, souvent absent d’habitude de ce type de lieu. Son envie de faire partager l’œuvre d’un créateur à des enfants, mais pas seulement, m’a plu et nous avons eu envie de travailler ensemble.
Quelle est la différence entre exposer dans une médiathèque et dans une galerie ?
Dans les médiathèques, le travail exposé a toujours rapport au livre. Les planches originales des livres présents dans la médiathèque son exposées et cela permet aux lecteurs d’apprécier la différence entre les œuvres et le livre. Pour une galerie, le travail présenté n’a pas forcément de lien direct avec le livre. De plus, il y a surtout une réflexion sur la déambulation ainsi que sur la mise en scène des œuvres à travers le lieu. 


© Laëtitia Devernay 2014
« La danse de la mer » : pourquoi avez-vous choisi ce thème ? 
Cela fait déjà longtemps que je m’interroge sur le thème de la mer, thème lourd de conte et légende. J’ai collecté un grand nombre d’informations autour de l’univers aquatique et cela m’inspire énormément. La danse car, ce qui est important pour moi, c’est le rythme, le rythme d’une page, d’un album, … comme dans un ballet.
Quelles techniques avez-vous utilisées ?
J’utilise pour ces images le papier découpé et l’encre de chine.
 

© Laëtitia Devernay 2014
Qui sont vos « maitres » ?
Je m’inspire beaucoup des peintres, Matisse tout particulièrement mais également des affichistes.
Quel est votre livre préféré ?
Un de mes albums préférés est L’imagier des gens de Blexbolex.


© Laëtitia Devernay 2014
Vos deux albums, Diapason et Be Bop !, sont des livres sans mots. Quels sont les avantages et les difficultés de la narration muette ?
Si j’affectionne particulièrement la narration muette, c’est qu’elle me permet de livrer mon récit tout en restant très discrète et en amputant pas sur la liberté de mon lecteur. Je veux que mon lecteur soit actif et libre dans la construction de l’histoire. Mais si, cette forme d’écriture permet une certaine liberté dans l’interprétation, pour autant je compose une réelle histoire qui fait sens et qui ne peut souffrir d’imprécisions. C'est-à-dire que je transmets un message précis que je rends, grâce à une série d’indices, lisible, même si il y a une grande liberté dans la réception du message. 
Avez-vous envie d’expérimenter d’autres choses ?
Non, pas pour le moment, je n’ai pas fini d’explorer cette forme d’écriture.


© Laëtitia Devernay 2014

Des projets futurs ?
Mon prochain album, Bestiaire mécanique, sortira en octobre 2014 aux éditions La joie de lire. C’est un recueil d'analogies entre un animal et un véhicule. Dans ce prochain album, je m'interroge sur la confrontation d'éléments opposés dans  une  même  image. Ce projet s'inscrit dans des recherches de formes, de transformations, de métaphores. 
Pourquoi avez-vous choisi ce métier ? Est-ce que vous regrettez quelque chose ?
Parce que c’est le plus beau métier du monde. Il me semble que ce n’est pas anodin de faire des livres pour enfants. Je ne regrette absolument pas, même si ce n’est pas toujours évident.

© Laëtitia Devernay
Choisissez une des vos illustrations et analysez-la .
Trio (voir sur blog). J’ai appelé cette image trio car elle propose une double lecture, celle d’un homme à Chapeau et celle d’un duo de pianiste. L’ensemble de ces personnages compose un trio. L’image est réalisée en linogravure et c’est précisément cette technique  qui me semble adapté à ma réflexion sur la forme et elle permet, en outre, de beaux  aplats.
Ce qui me plaît en illustration, c’est la polysémie des images et Trio en est un bon exemple. De plus, elle traite du thème de la musique, qui est un de mes sujets de prédilection.


Informations : 
Blog de Laëtitia Devernay
Une video sur son monde et son travail : ICI

lundi 6 janvier 2014

Le poids économique du livre jeunesse en France


En 2012, porté par une croissance de son chiffre d’affaires de 2,3% - soit  579 millions d’euros et 75,5 millions de livres vendus - le segment jeunesse a représenté 17% de la valeur totale du marché du livre en France. Il est le deuxième secteur le plus important, après la littérature générale et avant la bande dessinée/mangas. 

En 2013, après un premier trimestre en croissance (+2%), le marché a connu une légère baisse (-1% pour le deuxième, puis encore pour le troisième trimestre). Les éditeurs pointent du doigts la crise économique, la faible fréquentation des points de vente, la disparition de l'enseigne Virgin, l’offre réduite de la Fnac et la fermeture d’un certain nombre de librairies Chapitre.

« C’est toute la chaine du livre qui souffre », estime Alain Serres, fondateur de la maison d'édition Rue du monde. « Les tirages moins élevés ont des répercussions sur les imprimeurs, les relieurs, le prix de vente du livre, le chiffre d’affaires toujours fragile des petits éditeurs ».


 
Néanmoins, tous les segments du marché jeunesse ne souffrent pas. C’est le cas de la petite enfance et de l’éveil qui s’en sortent plutôt bien. Certaines niches, comme les formats poche à petits prix, la papeterie et les coffrets, sont saturées. De même, les livres d'activités, les gommettes et les coloriages, continuent de faire de bonnes ventes. 
En revanche, les professionnels parlent déjà de la fin de l’âge d’or des ouvrages pour « jeune adultes » :
« C’est un cycle. Quand on vendait en moyenne 30.000 ou 40.000 exemplaires, on n’en vend plus que 15.000 ou 18.000 », regrette Elsa Lafon, éditrice jeunesse aux éditions Michel Lafon. « Il est difficile d’imposer une nouvelle série ou de nouveaux auteurs ».

« Le fantastique cède un peu le pas. On nous soumet davantage de fiction réaliste », indique quant à elle Cécile Terouanne, directrice d’Hachette Roman Jeunesse et éditrice de la saga Twilight

D'une manière générale, le contexte est plus difficile pour l'album illustré :
« On sent un tassement sur les titres pointus. Un album à 14 euros doit être ultra spectaculaire pour se vendre. Il y a une vraie prime à l’innovation », explique Sarah Koegler, responsable de Deux coqs d’or-Gautier-Languereau.